Parolé..Parolé

Altérités...

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Samedi 26 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 26 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Samedi 26 janvier 2008

Dans les années 1920 et 1930, le monde de l'édition clandestine à Paris était aux mains de quelques audacieux - "pôvres troubadours villonesques" aurait dit Jehan Rictus - travaillant patiemment dans l'ombre et la discrétion : la "Bande à Bonnel", les frères Georges et Robert Briffaut, Maurice Duflou, Jean Fort etc. Pascal Pia ( http://www.andremalraux.com/malraux/articles/pia.pdf ), et accessoirement André Malraux se trouvaient parmi leurs collaborateurs assidus. L'éditeur de ce que Pia appelle "ses obscénités" (c'est-à-dire l'ensemble de ses mystifications littéraires, tels le Cortège priapique  ou A une courtisane, galants pastiches faussement signés Apollinaire et Baudelaire) est plus que probablement René Bonnel, spécalisé dans la publication d'ouvrages érotiques presque tous commercialisés sous le manteau. On trouvera la description d'un grand nombre de ses réalisations, avec ses propres commentaires, dans le catalogue de la "Bibliothèque La Léonina [collection Arpad Plesch], paru à Monte-Carlo en 1955 et dans le précieux catalogue dressé par le libraire parisien Sylvain Goudemare en juin 1992.

Jean Fort, pour sa part, s'était spécialisé dans l'édition et la vente, à visière (relativement) découverte, de textes rares et curieux, parmi lesquels se glissaient de temps à autre des oeuvres plus épicées. Ses raisons sociales et enseignes : "Au Cabinet du livre", "La Librairie du bon vieux temps" ou la Librairie de la Société casanovienne, lui permettaient de débiter une marchandise relativement osée, mais tolérée, alors que lorsqu'il abordait des sujets plus scabreux, il s'abritait plus volontiers sous l'enseigne de la "Collection des Orties blanches", où parurent, généralement sous pseudonymes, quantité d'ouvrages illustrés traitant de flagellation, dixit les Confessions de Wanda de Sacher-Masoch. Parmi les auteurs préférés de jean Fort, on trouve quelques amis très proches de Pascal Pia : Eddy du Perron, Pierre Dufay, Louis Perceau, Fernand Fleuret et Pierre Mac Orlan, alias Du Bourdel quant à publier dans cette veine grivoise et coprolâtre. Habitué à brasser d'importantes affaires, dans l'Europe entière, rien n'étaient plus faciles pour ces éditeurs des plus originaux que d'écouler, sous le masque, la production, plus choisie, mais beaucoup moins abondante,de ces sulfureux trésors enfouis aujourd'hui dans l'Enfer des bibliothèques...

Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 21 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Lundi 21 janvier 2008

Nous nous sommes rencontrés la veille, en fin d'après-midi, sur le quai du métro Louise Michel, station-hommage à la Vierge rouge de Brancourt. Ou, plutôt, c'est là que, moi, je l'ai remarqué, lectrice, liseuse imperturbable planté au milieu de la foule à l'endroit le mieux éclairé, tranquillement seule à l'heure où les regards se cherchent et où vont et viennent les jambes engourdies par la journée de bureau. Comme elle était penché sur son livre écru à bandeau rouge - un récent prix de l'automne littéraire ? - , on ne voyait pas son visage sous ses cheveux qui moutonnaient jusque sur sa nuque et je me suis d'abord demandé si c'était un garçon ou une fille coiffée "à l'aiglon". L'écharpe de laine rouge, le manteau, une longue et ample vareuse merdoie, ne signifiaient, du coup, pas grand-chose. Je porte bien, moi, cet hiver, un raglan grand-paternel retaillé par dessus mon traditionnel costume de tussor gris froid. C'est aux leggings anthracites et aux souliers mordorés que j'ai reconnu la virago.

Nous sommes montés dans le même wagon. Elle s'est adossée au premier coin venu, à sa droite, près de la porte, et elle a continué à lire sans regarder personne tandis qu'accroché au pilier central, j'ai continué à l'observer toujours à la limite de l'impertinence. Il m'arrive souvent de regarder les gens "sans te géner", dit ma mère, "comme un chien d'arrêt", dit mon cousin et Rozenn : " Je t'en prie, ne considère pas les gens comme des choses..." Mais justement, les choses ne m'intéressent pas ; je ne les vois pas. Tandis que les gens...j'aime à les scruter innocemment. Une femme qui me plaît, j'en détourne au contraire les yeux. Je n'ose pas lui montrer que je l'ai remarqué, sauf, parfois, au moment de la séparation, quand l'un reste et que l'autre s'en va. Trop tard pour que l'on puisse s'aborder. Ainsi, je conserve, tous azimuts, le souvenir de quelques inconnues au gré des migrations métropolitaines. Je me demande si elles aussi...tenez..il y a bien cette petite Allemande en black-jean et chemisier moulant, ronde et bien nourrie...Au moment où je suis passé devant elle pour descendre du métro, nous avons échangé une oeillade, une ombre de sourire. Je ne sais pas...plus pourquoi.

Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 16 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 16 janvier 2008

"Nous errions, Cheronnet et moi, à travers le Quartier latin. Premières grisettes, premières amours et aussi premières visites dans ces maisons que la police tolère et que la morale réprouve...Des lieux de perditions e Germanopratie! Des lieux où, en réalité, l'homme se retrouve. Louis Aragon dit quelque part ne pas concevoir qu'on y pénètre autrement que seul et grave...Oh! soleil...Oasis!...Je suis allé souvent dans ces endroits, aujourd'hui interdits, avec quelqu'uns des esprits les plus ditingués du siècle. C'est là, sur leur comportement, que j'ai pu juger sainement bon nombre de mes contemporains. Nous y passions des journées entières à bavarder avec de jolies créatures qui furent pour nous des camarades comme je vous en souhaite beaucoup : fidèles en amitié, désintéressées, compréhensives, agréables à regarder. Le jour de la mort de ma grand-mère, j'ai connu, avec elles, des heures au combien apaisantes...Je parlais dernièrement de ces choses avec Mac Orlan. Peut-être, un jour, ferons-nous une pétition pour obtenir la réouverture de ces Palais de la Magie...Tant d'artistes y trouvèrent l'inspiration de leurs meilleures pages : Zola, les Goncourt, Charles-Louis Philippe, Huysmans, Courteline, Duvernois, Pieyre de Mandiargues, Galtier-Boissière. Et des poètes : Bizet, Carco, sans parler de Lautréamont. Et des peintres : Van Gogh, Rouault, Degas, Pascin, Rolla...et Constantin Guys ! Et Dignimont et Chas Laborde!!!

Nous hantions donc les cafés du Boulevard Saint-Michel. Nous offrions parfois un verre à Adalbert Biard de Ghérardine, roi de la Bohême, qui succédait à Bibi-la-Purée et qui se flattait d'avoir été l'ami de vieillesse de Verlaine. Adalbert se faisait des sous en vandant aux escholiers les sujets du baccalauréat. Bien des bacheliers, aujourd'hui ministres ou magistrats, lui doivent leur parchemin, car ses tuyaux ne crevaient jamais..."J'ai payé pour le savoir!!!" Ivre, dix-huit heures sur vingt-quatre, "ABG", avec sa silhouette saugrenue de Don Quichotte de la Seine, sa besace et ses molletières pourries, composait une sorte de compromis entre Robert Macaire et le Ratapoil de Daumier :

- Prête-moi vingt sous!

- Je ne les ai pas

- Alors prête-moi deux sous!...

Si nous refusions de nous laisser taper, il gueulait comme un âne et nous accusait des plus bas méfaits...Un vrai maître-chanteur ambulant...Sans autre guide que nous-mêmes, nous commencions à discerner les vrais poètes de ceux de M. Gustave Lanson.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 14 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Dimanche 13 janvier 2008

Au Monokel, les choses étaient allées beaucoup plus loin. Il s'agissait de permettre à la délégation qui m'accompagnait une plongée dans un univers exotique, bien particulier à Berlin, encore que des boîtes de nuit de ce type existassent à Paris, surtout à l'époque. Mais l'atmosphère de l'établissement était probablement plus fiévreuse que celle de Chez Suzy ou des Taules-Errance de la rue Pasquier. Des femmes en habit et chapeau-claque, telles que les immortaliseront Marlene ou les peintures de Riri Mahé, jouaient les meneuses de revue et les Lola-Lola, tandis que d'autres, massives et en complet-veston, faisaient tournoyer de frêles créatures aux jupes transparentes, sur fond de mélodies savamment distillée par un Hot-Club à la mode. Présent dans la salle ce soir-là, André Salmon immortalisera ces "négresses à la laideur provocante" des nuits berlinoises. On s'y déshabillait un peu sur la scène, et l'une des premières strip-teaseuses un peu trop solennelles à s'y produire fut la jeune femme coiffée à la Louise Brooks, aperçue en compagnie de Lucia, notre interprète. Sur le carton-programme entre deux flûtes de Taittinger d'import, je lus péniblement "Rozell Rowland a.k.a Goldie" pour la poudre d'or dont elle maculait sa peau à chacun de ses sulfureux numéros.

Ce samedi 14 mai Mil-Neuf-Cent-Trente-et-Un, son effeuillage ne fut d'ailleurs que partiel, aussi, elle garda sur les hanches et le haut des cuisses un curieux caleçon de grosse toile plus solidement laçé qu'un corset. Comme elle n'avait pas de seins, c'était une créature androgyne qui se déshabillait lancinante, sans même perdre une seule précieuse seconde de mes oeillades pénétrées durant toute l'opération. Celle-ci achevée, cette Joséphine Baker outre-Rhin était venue s'asseoir à notre table jonchée de rogatons. D'arrogante et hostile, lors de son entrée en scène, elle était cette fois humble, inquiète. Presque méchamment, Lucia-au-chignon-libéré remarqua devant notre troupe avinée, mais à haute voix, si bien que je compris que l'effeuilleuse avait été la maîtresse de la polyglotte à couettes et dents blanches. Je souriais, absent. Crispation puis migration vers sa loge où je m'enquéris prestement. Brefs échanges de prise de contact au prélable d'un butinage mutuellement très enlevé. Elle se laisse embrasser sur les lèvres par l'une des filles à jaquette du vestiaire au moment même ou celle-ci luit tendit son Révillon. Clin d'oeil, haussement d'épaules alourdies avant la malice susurrée: "Zet Berline né-ce pas?...". A peine acquiescai-je qu'un luxueux taxi écumait déjà la sortie du cabaret d'impasse.

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 13 janvier 2008

  
  

 

Cher Renaud Camus,

Quoiqu'hétérosexuel, je vous aime. C'est que je suis aussi un petit peu proustien, je sais qu'il faut distinguer l'auteur du personnage, quand bien même écrit-on, comme vous le faites (et moi bientôt) son autobiogaphie, indéfiniment : aussi bien je vous aime écrivain; n'est-ce pas l'essentiel ? Pour les mêmes raisons - stylistiquement différentes - j'aime en ce moment Dustan Guillaume, Angot Christine et Nabe Marc-Edouard (je suis sûr que cette inversion vous fait plaisir, mais rassurez-vous je ne travaille pas à la Poste). En réalité je n'ai pas été très gentil avec vous - je vous ai même tutoyé sans vous connaître - puisque c'est moi qui ai écrit l'article dans Libération, en mai, « La trahison de Renaud Camus », où je vous accuse d'avoir trahi votre conception de la bathmologie. J'espère cependant que vous avez senti le fond bienveillant de ma colère qui courait dans tout l'article. Je le crois. Je vous lis depuis longtemps, je n'ai pourtant que 35 ans et j'aime surtout, entre autres, Buena Vista park, P.A et votre journal, bien entendu - l'un des tous meilleurs, et je sais de quoi je parle puisque je viens d'achever ma thèse sur la question, « le Journal d'écrivain dans la littérature française du XXe siècle : sémiostylistique d'un genre », où quelques passages vous sont consacrés : ce n'est qu'une thèse de stylistique. Je vous enverrai des nouvelles de temps à autre Je voulais simplement vous dire que Vaisseaux brûlés est très beau, à la fois conceptuellement et littérairement bien sûr. Il est cinq heures du matin. Je viens à peine de découvrir l'Internet.

Très cordialement,

Thomas Clerc

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 12 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 9 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Mercredi 9 janvier 2008

"Tout d'abord, je sais bien, parbleu, qu'il y a chez nous des mères et des filles admirables, toute une société féminine qui travaille et qui peine. Je l'ai peinte déjà, et la peindrai encore. Ai-je besoin d'affirmer, au surplus, que jamais je n'ai prétendu proposer Monique Lerbier comme le type actuel de la jeune fille, de la jeune femme française? Et suis-je responsable si des critiques hostiles généralisent? Non j'ai peint, avec ce tout petit monde de lucre et de vanité qu'on est convenu d'appeler "le monde" - peut-être parce qu'hélas! il y fait encore la loi - quelques types de ces émancipées dont la guerre a précipité le foisonnement dans tous les pays. C'est, en revanche, de parti-pris, que j'ai situé ma garçonne dans le milieu de débauche et d'affaires qu'on voit à Paris, parce que ce microcosme est le plus représentatif de l'amoralité ou, si vous préférez, de la pourriture contemporaine. (...)

A dire, ou à médire? Ce n'est pas seulement  pour le peintre de moeurs un droit, c'est un devoir que de retracer - jusqu'à en donner le dégoût comme à Monique - le spectacle des pires turpitudes. Oui, je sais, il y a objection. Concupiscence : "prenez garde à l'attirance du danger. On ne tombe pas dans un mal qu'on ignore". Je réponds qu'il vaut mieux, puisque le mal existe, le révèler que le cacher. C'est le fanal sur l'écueil. Monique, pour y avoir touché, n'a gardé que l'horreur de ces mornes plaisirs, un élan vers le bonheur salubre...Exemple préservateur. Quant aux perverties!

Quant à la crudité de ma manière - qu'elle soit de la photographie ou de l'art - je maintiens qu'elle demeure - d'un et même de plusieurs tons au-dessous de la vérité. Que sera dans vingt ans une Monique Lerbier, au regard des garçonnes que la génération des dancing nous promet? J'ai dénoncé un péril. Et j'ai fait entrevoir, par delà, le fossé, la grande route de l'égalité, de l'équivalence où les deux sexes finiront bien un jour par avancer côte à côte, harmonieusement. "It's a long way to Tipperary!"

Victor M. - 15 octobre 1922.

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 7 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 7 janvier 2008

 

Ce fut donc Fresnes. Jeudi 5 juillet 1945. La prison est immense et triste ; la geôle, pisseuse et étriquée. Enième numéro d'écrou bien que Luchaire ait toujours détesté les chiffres et les étiquettes. Une vue terne sur des baraquements aux murs lépreux, et déjà il regrette de ne pas être de la Première Division , celle qui lui aurait permis de lorgner, chaque jour, sur les étages de la Tour Eiffel. Heureusement, il y a les camarades. A quatre par cellule durant l'été 1945 - il sera seul en salle des « inos » à compter d'octobre -, on ne peut pas vraiment être mélancolique, même si deux de vos compagnons, Michel Détroyat et Philippe Saint-Germain sont des bourgeois terrifiés.

 

Le soir, à l'heure de l'audience, ils descendent dans l'immense hall qui émerge peu à peu de l'obscurité. D'étage en étage, les gardiens hurlent des noms qui sont célèbres : « Darnand ! A l'avocat...Marquet ! A l'avocat » - et qui se répercutent dans les couloirs avec un écho lugubre. Au rez-de-chaussée, Jean attend, battant la semelle, qu'on lui ouvre le cabinet des avocats, où, pendant un quart d'heure environ, il va recevoir les nouvelles, le livre, le journal, qui le relient au monde, supports apportés discrètement par quelques visiteurs ayant eu l'amont du magistrat instructeur et circulant avec un permis de visite en règle. Parmi les plus assidus, Lucie Badoul alias Youki Desnos et, comme de bien entendu, les femmes de sa tribu.

 

 

De l'existence qui l'attend durant ces sept prochains mois, il n'a pas la moindre idée. Une taule est un énorme écho, où tous les bruits se rejoignent, déformés et amplifiés ; on y vit dans l'attente. L'atmosphère lourde et viciée lui fait mieux comprendre la psychologie des victimes de septembre 1792 qu'on abattait entre deux portes dans le couvent des Carmes, tandis qu'à soixante lieues tonnaient les canons de Valmy. Le plus drôle est que les gardiens eux-mêmes en sont impressionnés, et deviennent, tel le surveillant général Lucien Herroux, presque déférents à l'égard des « plus importants » d'entre eux qu'ils s'attendent peut-être à voir redevenir ministres au sein du prochain régime. Jean pense déjà à tous ces garçons qu'il a découverts à Fresnes, qui lui ont dit avoir plus ou moins erré pendant la guerre, et qu'il estimait être des « types biens » : gais, courageux, sans ostentation, ce qui n'est pas si facile quand on attend la mort désarmé. Il s'amuse avec eux à flanquer la frousse aux trouillards qui brûlent d'apprendre à leurs juges qu'ils étaient victimes d'une inconcevable erreur, qu'ils avaient joué double jeu, dès le premier jour. A l'heure des promenades et des repas, ce jeu fait fureur, la « pétocharde »[1]. Ils leur racontent que les fridolins, revenus, les enverraient au poteau pour de bon.

 

 

 

 

Mais les froussards n'ont jamais été très nombreux, et Luchaire sympathise avec des personnes auxquelles il n'aurait jamais pensé, comme le tortionnaire Christian Masuy, Mario Bay, et se réconcilie bon an mal an avec une poignée d' « ennemis mortels » à l'image des maurrassiens Louis Truc et François Brigneau[2]. Ajoutons-y le baccara et autres parties de cartes menées pendant des heures au côté de Pierre-Antoine Cousteau, André Algarron, et des deux Maurice, Dorsay et Cottaz, soit, les plumes les plus fidèles de l'hebdomadaire fasciste, Je suis Partout. Cependant, sous la conduite de ses avocats, Roger Joisson, Simone Lair et René Floriot, il se prépare à son procès : c'est le dernier concours qu'il a à passer avant d'arriver au poteau, au très réel poteau sans fleurs ni couronnes où doit s'achever sa carrière. Pour une énième fois, il se prépare avec un grand sérieux bien qu'il sache que, chez tout jury qui se respecte, les questions qu'on pose ne correspondent pas aux points sur lesquels on s'est préparé à répondre, et sait, de surcroît, que les accusés ont parfois l'impression d'assister en étrangers à l'audience. Outre l'argumentaire et les considérants, entre les visites et le quotidien de sa claustration, Jean passe ce semestre à l'ombre en tentant de revenir à Dieu au cours des longues heures passées à échanger avec les pères Lepetit, Thiévenaz et Mouren. Il lit ou relit les oeuvres-clés de ses  éveilleurs, partagé entre les retranchements mystiques de sa tante, Marie Lenéru, et la chaleureuse compagnie  de son maître, Jean-Richard Bloch. Il écrit aussi pour « être » celui qui aspire à rendre des comptes. Seul, face à sa conscience, il jette sur le papier des vérités, ses vérités comme autant de pressentiments sur les épreuves à venir.

 

 



Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 3 janvier 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Jeudi 20 décembre 2007
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 20 décembre 2007

CHER PETIT (pourquoi te rapetisser d'ailleurs!?) PAPA (une double négation qui en dit long sur les chances de te voir exaucer tous mes voeux...) NOËL (comme Marie Noël, bienheureuse "poyétesse" de la douce nuit...),

J'aurais tant voulu...dans la mesure du possible,

Oeuvrer au bienfait de ma communauté

Yolanda-la-chevelue, Amanda-la-terrible...

Et nombre de nobles figures de mon divin quartier...

Ululer au faîte de ce pin - bonnet pointu  ....(quand)

Xylophonique la rime est soudain devenue

 

Nul doute du trop de desiderata

Opère dans la magie de ton anonymat

Espérerai toute la nuit durant  [...heure par heure, minute par minute...]

Le coeur des Hommes chaud et vif en l'instant

 

(signé): Alain Sudémo-de-TOUSse

Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Lundi 17 décembre 2007
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 17 décembre 2007

Fantôme : Simulacre du volume - stabilité obèse - immobilité ou mobilité suspecte - contours affectifs - silhouette phénoménale - angoisse architectonique ; exemples de fantômes : Freud, Chirico, Greta Garbo, La Joconde... (S.Dali)

Fatrasies : La plupart des fatrasies, poèmes incohérents, composés au XIIIe siècle, sont anonymes ; Exemple: "Le son d'un cornet mangeait au vinaigre le coeur d'un tonnerre..."

Femme : Trop de matière à l'exemple, sauf peut-être celles-ci : "Doit être le dernier mot d'un mourant et d'un livre (Xavier Forneret) voire, plus commune, "est l'être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves" (C.Baudelaire)

Feu : "Le feu est manque et excès" (Héraclite)

Film : Principaux films surréalistes : Emak Bakia (1926), L'Etoile de mer (1928) par Man Ray ; Anemic Cinema par Marcel Duchamp ; La Perle (1929) par Georges Hugnet ; Le Chien andalou (1929) et L'Âge d'or (1931) par Luis Bunuel et Dali. Ce que l'on peut attendre du surréalisme, et ce qu'on pourrait attendre d'un certain cinéma, dit comique, est tout ce qui mérite d'être considéré.

Fleur : " Eloignement infini du monde des fleurs" (Novalis)

Folie : " Coeur tout à la pitié, aux parois de bois mort" (P.Eluard)

Freud (Sigmund - 1856) : " L'éternité - Vive Freud, le grand savant viennois ! (L.Aragon) ; Le surréalisme a été amené à attacher une importance particulière à la psychologie des processus du rêve chez Freud, et d'une manière générale, chez cet auteur, à tout ce qui est l'élucidation, fondée sur l'exploration clinique, de la vie inconsciente.

Frottage : Procédé découvert par Max Ernst (août 1925) ; Ce procédé s'est révélé le véritable équivalent esthétique de l'écriture automatique (voire E comme...).

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés