| Décembre 2009 | ||||||||||
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Sortie de cauchemar une nuit de week-end. Entre dimanche et lundi. Est-ce encore le week-end? S'agit-il vraiment d'un cauchemar? Moite, hyperventilé, je
fixe le plafonnier comme encore endormi, gisant...mes yeux en cillent encore, miettes d'astéroides sur cette nuit d'encre fondue de giboulées lavande, à moins que ce n'soit parme..soulagé
de réveil tout en bichromie..
François Eberl - L'Absinthe - 1926
"Le cadavre exquis boira le vin nouveau!" Presque envie de s'mettre à l'automatique après cette longue diète d'écriture..Eminences craquantes, ongles
naissants raidis, phalangettes libérées d'un engourdissement qui n'a que trop duré..A peine ces quelques lettres balancées ça-et-là que la mano se réapproprie mon cerveau anémié par tant de
bombance et autres plaisirs de tables fêtées. Des projets, des projets...la bonne aubaine pour se sortir - un peu mais pas trop - du chantier en cours qui trouvera sa fortune au coeur de l'été à
venir. Et pourtant..n'ai pas pondu la moindre ligne depuis mi-décembre, digresse, lis, relis, me fais offrir de prochaines lectures - l'intégrale en 5 volumes "du" Dédé de Fouquières - afin de
dissiper la lassitude (?) d'un bon-à-rien qui se promet rémission sans plus tarder. Aaaah, ce chnoque à la barbe grise et à la couperose de plus en plus violette, dois bien lui reconnaître un
sapristi de bon goût..Passé le temps des rires remerciés..un oeil sur le nouveau calendrier chinetoque de mes toilettes kitschissimes..5 janvier s'achève sur une note de remise au travail, exit
les devoirs de vacances, entre autres, oie farcie, glande-divixxx sous couette partagée parmi la masse des menus larcins de l'esquiveur enclin à retrouver sa besogne. A la bonne vôtre mes chers,
de la réflexion mes doux, point trop n'en faut l'ami, te ressers un piot pour la route, et te refais la bisoute " bonnâné "
Il me souvient certains hauts-faits de ma jeunesse lyonnaise..gonesses sorties de poltrons le long du fleuve embrumé d'air chanin...plusieurs soirs
jusqu'à nuitée, on poussait jusqu'à cette vieille Colline de Caluire à travers un dédale de raidillons et traboules inégaux..marches trébuchées, butte sacrée des vendredis
d'à-pic. Escamotage, arpentes et taraboule si chères à ma cité d'escholier. Aaaahh ce satané repaire d'artilleurs! Bouchon dérobé, cani de fond d'impasse, à l'enseigne de la "Villa
d'Herbouville", ou les bonnes bouchées de chez Roger, ancien boucher de son état, notre grand-frère gargotier qui faisait frétiller ses rouflaquettes à nous enseigner son
louchébem...cervelles de canuts, volailles en vessie, quenelles de brochet ou sabodets, poulet demi-deuil ou gras-double arrosés d'un beaujol' vert de jarlot ..gourmandises ruminées
puis les gourgandines de l'endroit..Péné l'homérique et l'Suzon..elles chiquaient, rotaient à braire et pissaientt debout sans même lever le monocle..animal de foire, animales de mes nuits
encagées derrière ce comptoir en pacfung..zinc blanc, matin gris de clopées et de soupes au fromage avalées chez Georgio à la Guillotière. Essence de réminiscences au lointain de l'aire cendrée,
chenue comme cet ancien briquet lamé aujourd'hui dépoli, du temps où s'allumaient les flammes bleues de l' amitié amoureuse de mi-nuit, de mes nuits..
Cahier Clairefontaine - programme Unicef - clairsemé, biffuré, raturé, fléché marges et pages, surlignages, truffes, "levers de plumes interminables",
bulles pour cotes intempestives, pages découpées à l'incisive pour cercler le passage, la citation idoine...à peine le temps de mettre mon nez sur les baguettes et moulures de ce vieux
plafond..en survivrai bien, va!
XXXX - Autoportrait d'un matin de chôme -
s.d.
Roger Parry - Femme au porte-cigarettes - 1932.
Roger Parry - Jeu de miroir - 1945.
Edward Steichen - The Pool - 1928.
Tante Lali et Jezabel m'avaient bien prévenu.."pas de sortie prévue sous quinzaine". temps grossier, grossi d'intempéries...impraticable terrain du côté des
tourbières. "tu vois bien! le sous-bois n'est que fange, les plates-bandes, une gadoue de patauge et d'errance pour poète en-dehors.."Tu peux bien y aller, soit, mais ne compte pas sur nous
cette fois-ci!" Désinvolte et faraud, pis, piqué de surenchère, je troquais mes tatanes de chaumière contre une bonne paire d'Aigle ancrée des mollets jusqu'à mes malléoles sanglées. Crissements
sur le carrelage du petit corridor tel un serial-killer dans sa nuit gyrovague. Petits baisers volés d'un malingre. Escalier à vis très anguleux. Je passe par derrière et m'en vais
triper le gouillat, comme disait Ma'Elia, notre vieille tante de Pontarlier. Trois heures de solitude cultivée dans ce semblant de marais bréneux à vider ma conscience volatile...qui,
chaque jour, entre sept et huit, à la tombée du bleu, du gris, se met à faire trembler mon corps de tout son soûl, de tous ses gonds poreux...pour renaître sicaire, chanteur de charme à la
faveur de quatre, cinq gouttes massant la glotte sans même déglutir. A la régalade dit-on...
Marshall R. Kernochan - Ponte Vecchio - 1909
Travail d'écriture en plein ..chapitre III technique et romantique à faire se mouvoir mon héraut dans sa lente et calme germination. Piqûres de zenzale,
chouic-chouic d'averses inattendues, Topaia villégiaturée, plan-séquence sur pierres inégales, travelling du Lung'arno et de ses calli attenantes. Voyage gratis ou presque
en me goinfrant de Papini quand ce n'est pas Malaparte. Quelques bonnes pages, quelques bonnes couleurs, si chaudes dans l'hiver de lumières allumées aux tierces de l'après-midi, de
l'après-minuit..je ne sais plus vraiment. Ce qui compte..l'avancée, les lectures et les projections de tant d'autres projets à réaliser dans la ligne droite..je tire la porte sans la fermer,
comme l'autre fois, n'est-ce pas?
Parolé..Parolé