Gisèle Freund - Drieu à Ibiza - 1933
["Le villégiateur est ce touriste qui consacre sa vacance à l'immobilité" - JD Urbain - 1751]
Un regard éperdu sur le sol caillouteux, l'avant-bras cousu sur la rocaille, Pierre pense, pose et porte beau sur son coin d'île. Pages de journal, de Gilles et de hauts-bourgeois, il avance le
chantier, à la ligne près, là où d'autres l'interrompent si rarement par un repos bien gagné. La mise impeccable sur fond de sauvagerie, comme pour séduire laitières et baigneuses
dans la toile inspirée d'un support vrai pour vrai. Il est écrivain, voyageur, témoin de nature mais fainéant dans les yeux envieux d'autrui..On ne nait pas l'ongle coulissant, encore moins
le pouce et l'index coincés, pincés. Pas d'examens, ni même une formation. Rien que le toucher d'une peau, savoir sentir un parfum, écouter la chute des mots, la coulée d'encre sur un
papier-buvard. L'auteur tient plus du miroitier que du conteur d'histoires. Il n'arrive jamais, gagné par le tourment, un jour, d'être satisfait. Un pisteur d'âmes, éternelles et meurtries,
toujours en devenir.
4
« D'abord, je suis un écrivain inégal. L'essentiel de ce que j'avais à dire je l'avais tout de suite marqué, mais en appuyant sur la plume avec une force maladroite. Il y avait dans mes premiers écrits le meilleur et le pire. Pour une raison de vie et de mort, je devais donc dégager ce meilleur de ce pire. »